Matt œuvre
pour une clientèle variée, ce n'était pas par amour du métier ou
par choix, mais il ne savait faire que ça, Si peu de monde
connaissait son visage, sa réputation n'était plus à faire, il
était redouté par ses confrères et tous les malfrats qui avaient un
temps soit peu de jugeote. Il n'avait jamais raté un contrat,
jamais. Alors ce soir, alors que l'été allait faire place à
l'automne dans peu de temps, il savourait la paix de sa
retraite.
Il avait les pieds
posés sur sa table basse, sa fumée envahissait la pièce telle un
brume épaisse, impénétrable, ce soir c' était un tête à tête avec
sa bouteille de Jack Daniel's . Matt n'était pas le genre d 'homme
à noyer ses soucis dans l'alcool, non, lui il buvait quand il était
détendu, pour fêter la fin d'une affaire ou pour apprécier les
disques de sa jeunesse. L'appartement était spacieux, situé au 8ème
étage d'un immeuble discret, en bord de périphérique. Si le baies
vitrées étaient omniprésentes, il avait pris soin de blinder
l'ensemble, par sécurité pour sa vie, et il s'était organisé afin
que rien ne trahisse son activité.
Une grande
visibilité restait la meilleure couverture, c'est une méthode qui
avait fait ses preuves. Dans cette optique, il adoptait le profil
d'un homme d 'affaire qui voyageait beaucoup. En prétextant des
départs à l'étranger, il avait tout loisir à justifier ses
disparitions, et tout le temps d'emprunter ou de se fabriquer une
nouvelle identité pour mener à bien son travail, en toute
discrétion. Parfois, il disparaissait plusieurs mois, sans que
personne ne s' inquiètes pour lui , « c'est un mal pour un bien »
pensait-il. Il mettait sa vie en jeu, il ne vivait que pour les
courts moments d 'adrénaline que lui conféraient les fusillades,
mais il détestait la violence, l' odeur du sang, de la poudre, de
la mort.
Alors ce soir, pour
une fois depuis bien longtemps,il se vidait la tête. La bouteille
était terminée, Matt sombra dans un sommeil profond, il passera une
fois de plus la nuit dans son fauteuil favori, les mégots jonchant
le cendrier, les verres sales à sa droite et la bouteille qui avait
roulé sous la table.
Son dernier contrat
venait de s'achever, son colt était presque encore tiède, (comme il
l' était toujours, il ne s'en séparait pour ainsi dire jamais) et
lui pas encore débarrassé « des odeurs de guerre » comme ils les
nommaient, sans jamais les citer. Cela devait être simple, filer un
groupe de cambrioleurs de bijouterie pour les prendre au piège en
appelant les flics et en disparaissant. Il avait mené l'enquête en
quelques jours et touchait au but. Il y eu pourtant un imprévu.
La mission était
commanditée par un bijoutier qui craignait d''être le suivant sur
la liste, Matt devait les faire arrêter. Au moment du larcin, les
voleurs tuèrent sans pitié les occupants de l'établissement mitoyen
à la bijouterie. Si Matt s'en tenait à sa mission, il
n'interviendrait pas. Il préviendrait les flics, mais il ne le fît
pas, il prit le temps de les punir d'une balle chacun, juste parce
que les victimes ne seraient jamais vengées, ni son honneur dans le
cas contraire. Ainsi, il ne cherchait pas à justifier ses actes, il
faisait comme son sens de l'honneur le lui dictait. Il ne tolérait
pas que l'on ôte la vie gratuitement à quelqu'un, mais ne se
félicitait pas pour ça, il avait assez pris de vies, Alors la mort
qu'il distribuait avec une aisance et une froideur extrême lui
laissait un goût fort amer, qu'il éludait malgré lui avec une
barreau et une bouteille, il était serein, comme si il avait
accepter de damner son âme d'être humain pour son travail.
Il avait une
identité propre à chaque milieu, ou presque...son plus grand
talent, sorti de son excellence au tir et son impressionnant coup
de volant, était sa capacité à élaborer des personnalités à la
volée, il était maître dans l'art d'infiltrer tous les milieux,
depuis des années. Il pouvait également mouiller dans des affaires
sordides, et en même temps aider la justice, du moins si il jugeait
que cela en était. Il n'était pas un assassin, il n'acceptait pas
souvent ce genre de contrats, mais cela lui arrivait, sous
certaines conditions. Mais pour l'instant l'heure était au sommeil,
il n'avait pas de travail prévu dans l' immédiat, mais ça ne
dureras pas, ça ne dure jamais. La nuit passa, et le lendemain fût
vide de sens. Il ne mit pas un pied dehors, les volets restèrent
clos, seule quelques notes de musiques trahissaient une activité.
Les jours suivants se ressemblèrent beaucoup, il fréquentait
certains bars, connaissait par cœur les quartiers chauds, les
dealers, les putes, les bandits.
C'était mercredi, il
avait été rencardé il y a quelques temps au sujet d'un proxénète
qui ferait travailler des filles un peu trop jeunes et sous la
menace. Il irait se rendre compte de ça, histoire de ne pas mourir
bête, voir de tirer un coup,si le tuyau est bidon et les filles
comme il faut. Il file à toute allure en voiture vers le quartier
des prostituées.
La pluie avait
détrempé la route, l'eau stagnais et les lumières des réverbères
miroitaient, la musique arrivait presque à couvrir le bruit du
moteur et il ne baissait le volume que pour répondre au téléphone
ou pour se garer. Il tenait beaucoup à sa voiture, un vieille cobra
de 1967 noire, qu'il avait amoureusement restaurée et dotée de
quelques améliorations qui pourraient s'avérer utiles. En fait, sa
voiture, son flingue et sa musique, c' était tout ce qu'il lui
restait, ou plutôt, tout ce qu'il avait jamais possédé. Il observe
la faune environnante, il connaissait bien le quartier, malgré le
temps de chiottes, les putes étaient au boulot, les clients au
rendez-vous.
Une fois garé, il se
dirige vers « Chez charlotte » , un établissement réputé pour ses
escorts-girls tout juste majeures mais expertes en à peu près tout
ce qu' un pervers peu imaginer. Et elle était là, fidèle au poste,
toujours là, inamovible. Il était venu la voir, Charlotte, la
tenancière des lieux, proxénète connue et reconnue, mais respectée
de toutes les prostituées non ravagée par l'héroïne, le crack ou
autres saloperies, parce qu'elle ne donnait du travail qu'à des
filles saines, majeures, et qu'elle leurs assurait sécurité et
hygiène , « ses » filles l'aimait.
- « Hola ! Que
vois-je ? Toi ici ? Prends un verre je me libère et je suis à toi,
beau gosse ! »,
il souriait - « Ma
belle, je vois que tu es toujours la même, tu ne vieillis pas, une
vraie déesse ! »,
Et il commanda un
verre de bourbon, sec. Le comptoir était peuplé d'hommes d
'affaires, de jeunes BCBG venus claquer le fric de leurs parents,
de crapules venues chercher un peu d'amour charnel et de quelques
maris et pères de famille, las du quotidien, venus assouvir leurs
fantasmes ou enterrer leur frustration, toujours est-il que le lieu
était une sorte de havre de paix dans un milieu ou la crasse et les
crapules ont la main mise. Tout le monde prenais du bon temps, sans
violences.
Charlotte revenue,
ils échangèrent quelques banalités au comptoir, prirent une
bouteille de champagne et deux coupes, et montèrent à la «
charlotte's private room ».
Ils se mirent à
l'aise rapidement, et après quelques jeux de chairs arrosés de
maints coupes de champagne, ils fumaient une cigarette, profitant
de quelques instants de relaxations, Matt entreprit d'aborder le
sujet qui l'avait conduit ici .
- « Tu as entendu
parler d'un type qui ferait bosser des gamines ou qui les
tortureraient ? »
elle explose de rire
: « Arrêtes, tu vas me faire mourir de rire , tu sais bien qu'ils
sont tous comme ça ! Ne crois pas qu'en flinguer un changera quoi
que ce soit, il y aura toujours un autre enfoiré pour
prendre la relève !
»
- « Je sais bien »
dit-il en souriant tendrement, « le problème, c'est qu'il ferait
bosser des filles mineures pour des types encore plus tordus que
les connards habituels »
- « Tu veux dire
quoi par là ? »
- « Je ne sais pas,
on a retrouvé des filles assassinés, mais on les avait mutilées
».
Elle marqua un temps
d 'arrêt, Matt poursuivi,
- « On a retrouvé un
pauvre nana de dix sept balais..Ils l'ont violée de la pire manière
qui soit, elle était couverte de marques, comme des coups de
fouets, des lacérations. Elle avait par ailleurs les sphincters
anaux et vaginaux totalement détruits, les dents cassées, les
chevilles brisées, le médicinale légiste dit que les sévices ont
eût lieu de son vivant, la mort est causée par les hémorragies
diverses, dont principalement celle qui sont situées dans les zones
rectales et génitales » ,
Charlotte était
choquée, la tristesse et la colère se lisaient dans ses yeux,elle
qui avait tant souffert sur les trottoirs, à enchaîner les passes
pour des connards avec des toxicos, des vieux dégueulasses, quand
elle était obligée d 'obéir telle une marionnette à ses
clients.
suite >
http://peluneru.blog.jeuxvideo.com/1817107/Matt-Skorbo-La-piste-noire-EPISODE-1-Partie-2/
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